Le tailleur et moi

Il semble loin le temps où les femmes et les hommes partaient au travail vêtus d’un tailleur impeccable, brushing en place, épaulettes rembourrées et ambitions affichées. L’ère digitale, le syndrome Zuckerberg, l’arrivée du cool et l’avénement des start-ups ont fini par convaincre qu’une chemise bien repassée n’était pas la raison d’un travail bien réalisé et d’une tête bien faite. Comme quoi le brushing…
Dans la plupart des entreprises, on a dit adieu aux diktats vestimentaires. On a montré le côté cool de la boite avec le fabuleux « friday wear » qui, petit à petit, s’est généralisé aux 5 jours ouvrés. Sauf pour quelques domaines patriarcaux où l’ont préfèrera toujours un joli costume sorti tout droit du pressing à une paire de baskets, aussi blanches soient-elles.
Moi qui travaille dans les hautes tours de la Défense, j’ai du dire adieux à mes tenues un peu trop casual pour m’habituer aux talons et aux vestes. La faute à mon air juvénile, la prise au sérieux devait nécessairement être épaulée par une allure plus « mature ».
Alors les vestes sont arrivées et les baskets promises aux week-ends. Chaque achat pensé pour sa véritable utilité : « est-ce que ce haut sera work-compatible ? verra t-il la lumière du jour plus de 3 fois par an ? est-ce raisonnable/réfléchi ? » on est loin de la frénésie de mon adolescence, loin de l’impulsion que je connaissais autrefois. Contrôlé… sans doute trop. 
le-tailleur-et-moi-working-girl-movie
Je ne suis pas pour autant reléguée au rôle de sosie de Melanie Griffith dans Working Girl. Veste oui, les jeans aussi. Hors de question de revenir au clones de Wall Street / La City / La Défense. Hors de question d’adopter le tailleur.

le-tailleur-et-moi-sezane-2

Disais-je… jusqu’à ce qu’il revienne en force, coloré, détourné.
L’exemple avec Christine and The Queens qui a fait de lui sa tenue de scène fétiche (baskets en plus). Revenu aussi dans les lookbooks de Tara Jarmon ou Comptoir des Cotonniers, on le croise également chez Zara, on le voit partout, notamment chez Sezane, sublime. Et si je finissais moi aussi par me décider à tenter l’approche. C’est promis, je laisserai de côté la chemise blanche pour dédramatiser l’ensemble. Encore faut-il trouver la paire de chaussures qui saura suivre l’allure cool du nouvel attirail, en dehors des baskets, donc.

le-tailleur-et-moi-sezane-3

Leave a Reply